Les bambous d’Uravu et le festival de Wayanad

La région nous offre de belles découvertes. Nous nous rendons à Uravu, inspirant et éducatif, situé près de Kalpetta. C’est la deuxième fois pour Hilal, qui a pu m’expliquer pas mal de choses. Le village est très impliqué dans le projet : réalisation d’objets, de maison et de mobilier fait à partir de bambou.

Uravu, la fabrique de Bambou

Nous arrivons un peu par hasard à une inauguration à Uravu. Pour l’occasion, des ateliers et démonstrations sont mis en place. Le bâtiment principale est dédié à la vente d’objets réalisé en bambou pour les artisans locaux, ainsi qu’une exposition d’oeuvres. Un peu plus loin, des artisans font des démonstrations de fabrication d’objets, et nous expliquent avec passions comment faire, paniers, tressage, stylos. De belles pièces de mobilier sont exposées et nous pouvons visiter les magnifiques petites maisons hôtelières aux alentours. Nous finissons par la pépinière, avec plus de 40 variétés.

Le parfum des caféiers

Je me réveil avec un parfum exquis dans la maison. Les caféiers qui nous entours ont parés leurs belles grappes de fleurs blanches. Les environs sont remplis de champs de caféier, et nous roulons avec le nez à la fenêtre pour nous imprégner de leur parfum enivrant, doux et fleuris. La floraison est exceptionnellement courte. En 48 heures, il n’y a plus une fleur.

Le festival de Wayanad

Pendant environ 10 jours, tout près de chez nous, à lieu le festival annuel de Wayanad. Je suis invité par Ama, qui est l’une des organisatrices du festival, pour l’inauguration. Pour cela, un drapeau fait de bambou est monté et annonce le pic de l’événement. Intimidé d’être une invitée spéciale, je suis sollicité pour les photos de groupe, et j’apparais même à la télévision locale.

Le festival est très populaire avec son cirque, fête foraine, manèges et de nombreuses échoppes. Le plus marquant restera une démonstration de moto et voitures dans une petite arène en bois. Nous montons l’escalier pour nous rendre dans les gradins, situé juste au dessus de ce grand cylindre. Pas très stable, et je me demande vraiment comment l’édifice tiens debout. La démonstration commence. 3 motos roulent le long de la parois en bois à la verticale, tout près des spectateurs. S’en suit 3 voitures dans ce petit espace. Les conducteurs sont assis à leur fenêtres, et font des cascades pour le plus grand plaisir des spectateurs. Impressionant!

 

Wayanad : Chembra Peak et Kuruva Island

Akhil et Ama nous invite au temple pour une occasion spécial. L’ouverture du temple de Vishnu à Payyampalli, tout juste rénové, est une célébration. Il a été détruit autrefois par un sultan, il y a plus de 200 ans. Pour marquer l’événement, les dévoués des temples alentours viennent rendre visite au nouveau temple. Comme me dit Hilal, les dieux de ces temples sont tous amis.

Célébration pour l’ouverture

Les femmes marchent l’une derrière l’autre, et portent dans leur mains des offrandes. Elles sont composées de riz, fleurs, fruits, encens et bougies sur une assiette. La marche commence aux dernières lueurs du jour. Les hommes marchent en avant. Un groupe d’hommes vêtus du traditionnel doti blanc jouent des percussions tout en dansant, suivant le rythme de la musique. Une belle performance!

Chembra peak

C’est certainement un incontournable de la région de Wayanad. Situé prés le Kalpetta, le paysage change passé la ville. Les champs de thés nous entourent et le paysage nous envoûte. Nous roulons les yeux écarquillés par la beauté des environs. Sur une route en très mauvais état, nous approchons le sommet du Pic de Chembra. Tellement beau et paisible.

Kuruva Island

Tout prés de chez nous se situe Kuruva island, une île située au milieu de la rivière Kuruva. Nous accédons à l’île par un grand radeau en bambou, pouvant contenir environs 60 personnes. 2 cordes sont suspendues, relayant l’île à la rive. Seulement 2 hommes s’agrippent aux cordes pour faire avancer le radeau. Arrivé sur l’île, nous avançons sur le sentier qui fait le tour de l’île. Charmant, mais trop touristique pour un endroit de plein air . Nous passons par des installations en bambou avant d’arriver à une partie réservé à la baignade, habillé bien évidemment.

 

Les ruines du fort de Gingee

Gingee est un village du Tamil Nadu, situé à 1h30 de Pondichéry. C’est son fort datant du 9ème siècle qui fait sa renommée, construit par la dynastie Chola. 3 rochers fortifiés, c’est le Raj Giri et Krishna Giri que l’on visite en général.

En route pour Gingee

Nous louons une moto pour pouvoir nous rendre jusqu’à Gingee. Cela nous prend 2h. Pour être honnête, lorsqu’on n’a pas l’habitude des longues distances en 2 roues, ça fait mal au derrière! En arrivant près de Gingee le paysage à bien changé. Les collines de rochers rond me donne l’impression qu’un géant c’est amusé à faire plusieurs tas de cailloux.

Krishna Giri

Sous un soleil torride nous grimpons un escalier long et bien raide sans ombrage. En arrivant au sommet, nous sommes surpris de ce qui nous attend. Les ruines du fort est un terrain de jeux immense ou nous passons 2h à explorer les recoins. D’anciens temples, granges, colonnes, gravures nous émerveille. C’est aussi un lieu où de nombreux jeunes couples se donnent rendez-vous.

Raj Giri

Nous arrivons malheureusement un peu trop tard pour monter les 300m de dénivelé pour atteindre le fort. Mais en bas, cela en vaut tout autant la peine. Les singes sont les gardiens des lieux, et ils sont nombreux. Nous partons de nouveaux en exploration. Certains endroit me font penser aux décors du jeu vidéo de tomb raider, comme une ancienne grange avec plusieurs salles. Nous nous perdons dans les allées aux multiples arches.

Nous rejoignons ensuite le temple non loin. Les singes s’approprient l’enceinte. C’est l’heure de la puja (la prière) et je m’approche par curiosité. Hilal me laisse y aller seule. Le prêtre m’appelle pour faire un rituel. Il marmonne quelque chose, fait différents gestes et termine en apposant un point avec de la poudre rouge sur mon front. Il me sert ensuite un peu de riz aux légumes, avant de donner le reste aux singes, car le temple est prêt à fermer ses portes.

 

Pondichéry, un petit bout de France

Pondichéry est un petit district côtier situé dans le Tamil Nadu. C’est aussi un ancien comptoir Français. Et son influence se fait ressentir, particulièrement dans White Town. Le mixe franco-indien offre à Pondichery une identité propre à elle.

Nous arrivons au petit matin par le bus de nuit depuis Bengalore. Nous rejoignons une petite auberge simple mais conviviale situé non loin du centre ville, dans un quartier très coloré. Les habitants, chiens et vaches se côtoient de près dans les rues étroites. Les femmes dessinent les traditionnels mandalas à l’entrée des habitations après avoir nettoyé leur maison. C’est typique de l’état du Tamil Nadu.

White Town

La ville blanche, beaucoup plus tranquille que n’importe quel autre quartier, me rappelle les petites préfectures de mon pays natal. Les noms des rues sont inscrits en français et Tamoul. De nombreux restaurants et cafés offrent des spécialités françaises, mais à des prix beaucoup plus élevé. Bharati Park, un charmant jardin exotique se situe au centre. Nous continuons notre marche en direction de la populaire promenade beach et la statue de Gandhi, le tout sous un beau soleil couchant.

Le site archéologique de Arikamedu

Nous louons un 2 roues pour nous déplacer autour de la ville sans problème. Nous commençons par le site archéologique de Arikamedu. Le lieu était autrefois un port majeur dédié à la fabrication de collier et au commerce avec la Rome Antique. Les ruines sont intéressantes à voir, mais les collections se trouvent au musée de Pondichéry.

Les Mystères d’Auroville, la ville utopique

Nous rejoignons Auroville en 2 roues, situé à une dizaine de kilomètres de Pondichéry. Auroville est une ville expérimentale, toujours en construction. Crée en 1968 par la mère qui était originaire de France, et dirigé par le guru Sri Aurobindo, Auroville à pour mission d’être le lieu «d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités. » Les habitants, nommés Aurovilliens, viennent de partout dans le monde, et sont aujourd’hui environ 4000. Le Matrimandir doré, situé au centre est le lieu de culte et de méditation. Nous ne pouvons pas nous rendre dans la ville, mais nous pouvons accéder à une vue du Matrimandir. Malgré la belle idée, tout cela me fait penser à une secte.

L’ashram Sri Aurobindo et le Temple de l’éléphant

Nous commençons par nous rendre à l’ashram. C’est ici que repose le corps de Sri Aurobindo. Beaucoup de monde viennent lui rendre hommage. C’est aussi un endroit très populaire pour venir méditer. Je m’essai, même si je ne sais exactement que faire. Nous partons ensuite pour le temple Arulmigu Manakula Vinayagar, situé juste à côté. Le temple, dédié au dieu Ganesh, est très connu pour son éléphant. Lakshmi l’éléphant vient chaque jour de 16h à 18h bénir les dévoués. Et c’est avec plaisir que je me prête au jeu. Le coup de trompe sur la tête est impressionnant!

 

Au bout de la peninsule Indienne, Kanyakumari

Kanyakumari, situé dans l’Etat du Tamil Nadu, est la ville la plus méridionale de l’Inde. C’est ici que se croisent la mer d’Oman, l’océan Indien et le Golfe du Bengale.

Nous arrivons à Kanyakumari en soirée, après avoir pris le bus local. Une nuit décevante dans un AirBnB, nous décidons de rejoindre le centre ville le lendemain matin, en quête d’un nouvel hôtel qui nous convient mieux. Nous partons explorer le centre ville aux bâtiments multicolores. La ville est très prisée par les touristes hindous.

Vivekananda Rock Memorial

En pleine mer, 2 rochers s’élèvent. Merveilles architecturales : le rocher mémorial de Vivekanada et la statue Thiruvalluvar. La vue est grandiose. Sous le soleil de plomb, nous attendons pour prendre le ferry. Arrivé au mémorial, nous devons laisser nos chaussures à l’entrée, le temps de notre visite. C’est ici que l’on peux admirer le bout de l’Inde. l’édifice à été construit en mémoire à Vivekanada. Il venait régulièrement méditer sur ce rocher. Nous prenons le temps pour une méditation à cet endroit même. Hilal tente de m’expliquer comment m’y prendre, sans grand succès.

Le lendemain matin, nous nous levons aux aurores pour admirer le lever du soleil. Etonnement, il y a foule. Kanyakumari est bien connu pour ses levé et coucher du soleil. Un moment très important pour la religion Hindouiste.

En route pour Wayanad

Nous rejoignons Trissur en bus pour faire une escale. Je rencontre aussi Krishna, un ami de Hilal. Après avoir passé une nuit là bas, nous conduisons jusqu’à notre nouvelle maison temporaire, situé dans la région de Wayanad, au Kerala. Un paysage montagneux, bordé de forêts et de parcs protégés, il fait beaucoup plus frais. C’est un grand changement avec le paysage verdoyant, les rizières et les plantations. Nous croisons plusieurs groupes de singes en route. Ils s’amusent au milieu de la route et ne sont pas farouches. Nous arrivons en fin d’après midi au village de Payyampalli, ou nous allons habiter pour plusieurs mois. Akhil, un ami de Hilal, et sa famille nous accueillent chaleureusement.

 

Culture et tradition autour de Trivandrum

Nous partons en ville près du majestueux temple de Sree Padmanabhaswamy. Celui-ci est dédié à Vishnu, l’un des dieux majeur de la religion Hindouiste. C’est aussi un lieu très prisé des pèlerins, des groupes d’hommes vêtu de noir avec un marque jaune et rouge au front. Le bâtiment blanc de forme pyramidale est composé d’une multitude de statues représentant des scènes de la mythologie hindouiste. Malheureusement, l’entrée est réservé aux hindoues dans la majorité des temples.

Hilal part faire des papiers. Durant ce temps, je reste près de temple, que je commence à dessiner. Plusieurs passants s’arrêtent pour discuter et regarder ce que je fais. Après environ 1h, une policière, qui était là pour surveiller les lieux vient me voir et me dit que je ne peux pas dessiner le temple. Surprise, je lui réponds que je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas, étant donné que tout le monde peux le prendre en photo. Elle voulait que je lui donne mon croquis, mais je ne me laisse pas intimider. Quelques minutes plus tard, je suis encerclé par plusieurs policiers. Un supérieur m’interroge sur les raisons du croquis, d’où je viens, et continue à insister pour que je leur donne le croquis. Non, je ne vois pas pourquoi je devrais le leur donner. Après plusieurs appels, ils finissent par me laisser tranquille, mais m’interdisent de finir mon dessin. Par contre je peux prendre des photos et m’asseoir aussi longtemps que je le souhaite. Je ne comprend toujours pas la logique.

Hilal me rejoins, et nous partons visiter le palais du Maharaja Swathi Thirunal. Laissé à l’abandon pendant plusieurs décennies, il est aujourd’hui en cours de rénovation. Plus de 80 salles, mais 22 rénové à date, les boiseries du palais sont soigneusement sculptés jusqu’au plafond. Un guide nous explique au travers de photos la vie du roi.

De bon matin, nous pouvons voir les pêcheurs remonter leurs filets depuis la plage. Ils sont une dizaine à tirer, et chantent en choeurs pour se donner le rythme. Ils sont impressionnants. Nous visitons plus tard le phare de Kovalam. Du haut de la grande tour rouge et blanche, le panorama sur la plage et les côtes est époustouflant.

 

Arrivée à Bengaluru

Je prend l’avion le 31 décembre au soir. Le monde se prépare à célébrer le nouvel an. J’ai attendu avec tant d’impatience ma nouvelle aventure qui débute maintenant. Après une escale à Londres, j’arrive le 2 janvier au petit matin à l’aéroport de Bengaluru, connue anciennement sous le nom de Bangalore. Hilal m’attend depuis plusieurs heures à l’aéroport, et nous profitons de nos retrouvailles tant attendu.

En route pour le air bnb, je regarde émerveillée ce nouveau paysage dans lequel je vais vivre pour ces quelques prochains mois. Le trafic commence de bonne heure. L’architecture est différente, les couleurs du pays, et les beaux saris multicolores que portent les femmes m’emerveillent. Un peu plus désolant, les bidonvilles en bord de route, et les poubelles étalées absolument partout. Mais ce n’est pas une surprise, je m’y attendais.

Nous partons le lendemain explorer un peu la ville, près de commercial street. Je ne me sens malheureusement pas très bien, entre la fatigue, le décalage horaire, et les problèmes d’estomac qui commencent. J’adore la nourriture indienne, mais mon ventre apprécie moins de manger épicé à tous les repas. Dans les rues bondées, les motos, scooters, tuktuk et piétons se croisent de très près. J’avoue que j’étais très stressé dans les rues. Etant un couple mixte, les gens nous regardent sans cesse. Une vache passe dans la rue. Des petites échopes de rue vendent nourriture, bijoux, vêtements et guirlandes de fleurs. Il y a des mosquées et temples un peu partout, ainsi que quelques églises. La religion est très présente et on peut entendre les cultes au milieu de la nuit.

Nous partons visiter le musé d’art Venkatappa le lendemain. Avec passion, Hilal m’explique la mythologie hindoue à travers les différentes oeuvres d’arts. Nous rejoignons plus tard Pradeep, un ami d’Hilal, pour le diner.

Nous quittons Bengaluru pour la pointe sud, à Kovalam, situé près de Trivandrum. Un long périple, nous prenons le train couchette en fin d’après midi, pour arriver le lendemain matin à destination. Le train à lui seul est une aventure. En classe économique, nous sommes dans un compartiment avec 6 couchettes, que nous partageons avec d’autres personnes. Plusieurs passagers hindoue partent en pèlerinage. Des hommes vêtue en noir, avec une marque jaune et rouge au front.

Nous arrivons enfin à Kovalam, beaucoup plus tranquille, situé en bord de mer.